N° ACR0000671 - Station de pompage dite usine élévatoire de Clichy

 
Adresse : quai de Clichy
  rue Fournier
  92110 Clichy
Coordonnées GPS : 48.906586, 2.296400
Coordonnées GPS : 48.906586, 2.296400
Dates Construction : 1935 ; 1938
Date de classement : 2018
Auteur : Anciens Etablissements Ed. Zublin et Cie (entrepreneur) ; Perrière et Cie A. (entrepreneur)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

Héritière des normes hygiénistes des travaux haussmanniens, l’usine de Clichy reçoit lors de sa reconstruction en 1935-1938 la plus grande partie des eaux d’égout de Paris. Cette fonction capitale dans la politique sanitaire du territoire transparaît dans l’effort particulier apporté au traitement d’un bâtiment dont la typologie correspond rarement à celle d’un édifice mis en évidence par un discours architectural appuyé. Plutôt que de dissimuler un établissement aux activités éventuellement perçues comme disgracieuses, avec des bassins de dégrossissage à l’air libre qui ne pouvaient être sans nuisance olfactive pour le voisinage, l’ambition des commanditaires est ici d’inscrire le bâtiment dans une politique générale d’architecture publique qui se doit de marquer l’espace urbain. Alors que l’essentiel des activités de l’usine s’effectue en sous-sol, la volonté de conférer un soin important aux élévations, notamment la façade sur le quai comme l’explicite le cahier des charges de 1933, relève ainsi d’une ambition esthétique toujours efficace aujourd’hui. Cette permanence de visibilité au coeur d’un environnement d’où elle émerge avec force, témoigne encore de l’importance d’une structure conçue pour envoyer les eaux usées de la capitale vers d’autres territoires d’Ile-de-France, et par là même, de l’interdépendance ancienne liant Paris à l’espace qui l’entoure.

Description Historique :

En 1890, une usine élévatoire des eaux est construite par la Ville de Paris à Clichy, à l’angle de la rue Fournier et du quai de Clichy, sur un site où depuis les travaux haussmanniens du Second Empire aboutissent les conduits des principaux collecteurs des égouts de Paris. Pourvue de pompes à vapeur et d’un bassin de décantation en lien direct avec la Seine, l’usine a alors pour vocation de traiter environ 4/5e des eaux usées de la capitale. Celles-ci se déversent dans le bassin de dégrossissage, au fond duquel les matières lourdes se déposent, puis les eaux résiduelles sont aspirées par des machines élévatoires et envoyées par l’intermédiaire d’importantes canalisations dans les champs d’épandage de Gennevilliers ou à l’usine de Colombes, qui les rejette à son tour vers les plaines maraîchères d’Achères, Pierrelaye et Triel-sur-Seine. Les matières lourdes sont quant à elles hissées sur des péniches avant d’être transformées en engrais, tandis que le surplus des eaux ne pouvant être absorbé par les terrains d’épandage est reversé dans la Seine par le biais d’un canal de fuite. L’exceptionnelle crue de la Seine de janvier 1910 met en évidence les limites d’un tel système et la nécessité de transformer l’usine : les pompes ne parvenant pas à aspirer le trop-plein d’eau du bassin vite submergé, une grande partie des eaux d’égout reflue directement vers le fleuve et les collecteurs. En 1919, un nouveau bassin est construit de l’autre côté de la rue Fournier, puis en 1927, l’extension de l’usine est décidée. Les 13-14 juillet 1927, un premier projet de construction d’usine est approuvé par le Conseil municipal de Paris. Un concours est alors ouvert, mais aucune proposition n’apportant satisfaction, le programme est ajourné. Finalement en février 1932, le Conseil municipal décide la construction d’une nouvelle usine, et le 10 avril 1933, le cahier des charges du concours est arrêté. Celui-ci prévoit le remplacement de l’usine élévatoire par un établissement moderne doté de puissantes pompes électriques et de pompes Diesel, capable, en temps de crue, d’isoler les bassins de dégrossissage de la Seine. Le cahier des charges précise en outre qu’ « en ce qui concerne le bâtiment des machines proprement dit, toute latitude est laissée aux concurrents pour les dispositions à adopter, étant entendu qu’il s’agit de réaliser une construction soignée, d’un aspect satisfaisant, répondant aux conditions que doit remplir une usine moderne. L’esthétique de la façade sur le quai de Clichy sera particulièrement étudiée. » Une partie des bâtiments de l’ancienne usine, implantée au sud-est de la parcelle, doit néanmoins subsister. Le 27 juin 1934, le projet de la société Beaudrey et Bergeron, spécialisée dans les pompes élévatoires, et de ses sous-traitants Alsthom (installations électriques), Sulzer (groupes Diesel de crue) et Zublin-Perrière (construction des bâtiments) remporte le concours, à condition notamment que la façade soit « retouchée de concert entre les soumissionnaires, M. l’architecte en chef Lefol et M. l’ingénieur en chef Koch ». Il semble donc que la conception du volet architectural de l’usine soit due au bureau d’études des « Anciens Etablissements Ed. Zublin et Cie et A. Perrière et Cie », sous la surveillance de l’architecte en chef de la Ville de Paris Gaston Lefol (1874-1940) et de l’ingénieur en chef de la section assainissement de la Seine, Pierre Koch. Le chantier, auquel participe également pour une part difficile à cerner la « Société auxiliaire d’entreprises électriques et de travaux publics », ouvre au cours du premier semestre de 1935. En avril 1936, les travaux d’infrastructures sont encore en cours ; en août de la même année, les piliers de la façade sur le quai commencent à être dressés. L’essentiel du bâtiment de l’usine est terminé en 1937, date inscrite sur la façade principale. Le chantier se poursuit néanmoins l’année suivante, avec l’achèvement des installations techniques, liées notamment aux bassins, aux conduits et aux pompes, qui sont testées en juin 1938. En février 1939, l’usine était déjà en fonctionnement et les travaux terminés, à l’exception de la clôture en cours de modification et de plantations à prévoir.

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